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No Lockdown Sonopoetics [in progress sessions]

by Paradise Now + guests

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1.
Maja Jantar - Some first part ---------------------------------- some some stories take two generations to tell ..................................................some are two days long and three hours wide some plants need two cycles to seed ..................................................some curl their roots up and let the wind drift them to another terroir some seeds only sprout after fire has cracked them open ..................................................some after frost, or digestion and excretion some bodies are bodies of water ..................................................some interconnect underground some birds fly thousands of miles to nest ..................................................some never return some let their young freefall from high cliffs to safety some fish swim out to sea ..................................................some come back to fresh water some mammals wander away to die alone ..................................................some hide to birth some mothers carry their little ones close to skin, feather, fur, leaf, root ..................................................some leave them in others' care ..................................................some stories take two generations to tell ..................................................some are hidden in our cells so some bodies are meant to walk on water some bodies carry water within them in pouches under their skin ..................................................to journey some bodies are meant to sink ..................................................some to float, some to drift some to let water in ..................................................some to keep water out ..................................................some to let some water in and some water out some bodies are water some are cold ..........................some warm some are fast ..........................some take their time some froth, swirl, turn, pull back, overflow some bodies change color ...................................................some texture, some scent, some shape some bodies wax and wane some shine, some reflect ..................................................some camouflage ..................................................some can only be seen by moonlight so
2.
Catrine Godin - Entouré d’oiseaux ----------------------------------------- Au presque été, la moelle attend la cuisant, goulue l’ivresse à plus soif de rayons fastes, délire photonique à longue propagation, un bain d’or régénérant l’essence comme la chaleur éveille les sens…d’avoir froid encore quand le pollen des peupliers neige la ville amoncelle son floclonneux mirage au long des rues, des trottoirs, couvrant l’herbe jusqu’à la disparaître : d’avoir froid, au cœur pourtant que tout autour palpite et vibre le vert vif et gavé de soleil, les êtres, les créatures, les choses. Entouré d’oiseaux, au milieu des fleurs, des fleurs à dire …c’est si beau les fleurs, si brefs, si plein, ouvert Comme certains mots sont brefs et pleins, ouverts, De sens, de forces, de fragilité, comme les mains, les fleurs ; nos fleurs à dire, longues à mourir, leurs pétales écumant tant l’absence, le silence, tous les espaces manquants, les manquées aussi.
3.
Christophe Bailleau - Géologique ---------------------------------------- Calcium Potassium Sodium Magnésium Le minéral habite notre corps circule dans les veines le magma des minéraux Et notre tête est le volcan Les sédiments par érosion m’emmènent vers toi Métamorphoses Accumulations Roches existantes désagrégées Certains mécanismes altèrent la pensée mais toujours là le ruissellement Toujours là le ruissellement Les envies de toi sont stratifiées Les regrets fossilisés On peut voir le matériel d’origine à travers les couches de roches et tes pensées géologiques Calcium Potassium Sodium Magnésium
4.
Biba Sheikh - Give recompense ------------------------------------- You have been working so hard. No one worries about you. You need protection and feel not good enough, then got sucked into the machine. So you look like a…Sepulcher.... A Body, not in the sense of dance. It’s the machine body… an apparatus For the state. 'This body that will die' is how they view you from the beginning... And where is the burial? In this country…? There you are always a foreigner... In the aftermath of Covid 19, Who will watch out for you? Who will give you Money if you need it? Put the force where there isn’t any...? By remembering the sadness of opiate addicts, now...suddenly thrust homeless, and the street jargon of old junkies, by whom we learn that the body is not the person… but machine, malfunctioning... Tomorrow's whispering, "please lend a helping hand she had a heart attack… she ran out of gas… there is no money… I am five months late on the rent. She is my landlady… Help me pay her. you don’t get it. There’s nobody… there is tension… The enzymes are in a hole. "Give Recompense…
5.
Philippe Boisnard - Coronablabla --------------------------------------- Jour 29 - 8h39 – Coronablabla Et il annonce. Et on écoute. Et on critique. Et on se parle. Et on discute. Et on se moque. Et il parle encore. Et on entend ce que l'on veut entendre. Et il dit ce qu'il ne dit pas. Et on se tait. Et on se pose des questions. Et il parle de légitimité sans écouter. Et on répond légitimement sans légitimité. Et on s'interroge sur la légitimité de ce qu'il dit ou ne dit pas. Et il se retourne. Et on ne le voit plus. Et on reste là face à l'écran éteint. Et il ne porte pas de masque. Et on recherche des masques face à ce qu'il dit. Et pourtant il parle avançant masqué. Et on sait qu'on sortira toujours sans masque. Et on ne sortira pas pourtant de ce qu'il faudrait sortir. Et il ne sait pas quand on va sortir. Et on sait qu'il ne sait pas. Et pourtant il dit qu'on devra sortir même si on en est pas sorti. Et on a plus rien à écouter que ce que l'on dit nous-même. Et cela fait peur ce que l'on dit qu'il n'a pas dit. Et il sait que l'on va parler sans qu'il ait dit ce qui nous préoccupe. Et il se tait jusqu'à la prochaine fois. Et on doit attendre un mois à parler entre nous avant qu'il ne nous parle de nouveau. Et cela fait peur de se parler tant on a entendu ce qu'il n'a pas dit. Et on se dit que c'est grave de se parler de ce qui n'est pas dit, mais que l'on dit tout de même.
6.
Eric Therer - Contrer le manque ------------------------------------ Entre distance et distanciation, il n’y a plus de creuset, plus de creux où se lover Mon seul contact physique se limite au clavier Les pixels me laissent indifférent Pour contrer le manque, j’ai commandé une poupée en silicone sur Alibaba J’ai introduit mon pénis dans ses cavités après l’avoir enduit de désinfectant J’écoute le son des karaokés de Corée, des chants Tamoul, un best of d’Abba Je retrouve une humanité exempte de danger dans le respect des consignes de sécurité Nous informons Nous compatissons Nous comprenons Nous déchiffrons Nous attendons Nous réclamons Nous acceptions Nous conservons Nous maintenons Nous avertissons Nous déchiffrons Nous séparons Nous rassemblons Nous gardons trace Nous nous tenons Nous tenons bon Nous nous tenons Il me tarde de retrouver les voies et moyens d’une vie sociale épanouie
7.
Werne - Morron - Survie-Virus ------------------------------------ Wuhan, narine humaine, chauve-souris, pangolin, marché sur internet, petit émoji grrr aux antipodes, nous ne sommes pas concernés. Les frontières se ferment. Le danger s’approche. Les mots s’hémophilisent. La parole est KO. L’humanité est comptée jusqu’à dix, les phrases, les explications sont rejetées par une première vague avec les gobelets, les masques et les corps disloqués sur une plage de pub. Porteur sain, confinement, pandémie, pénurie, papier cul, farine, fosse commune, chloroquine, discours du roi, du président, du voisin… Se laver le dos des mains, lire Proust, apprendre l’anglais, ranger sa cave, ne pas se toucher le nez, s’attacher comme un chien de ferme avec une chaine d’un mètre au moins, gestes barrières, distanciation sociale, mesure d’exception, syndrome respiratoire sévère aigu, gouvernement d’exception, perte de l’odorat , état d’urgence perte de goût… Gel hydro alcoolique, petite goutte de sang sur le doigt, rue vide à 8h à 12h, à 17h, ciel soulagé, air dégagé, retour sur soi, bonne résolution , grandes vacances, peur panique, je t’embrasse si je veux, rebelle d’Ikea, personne à risque, applaudissement à 20 heures, personnel soignant, expert, virologue, psychologue, sociologue, immunité collective, ultra libéralisation, retour aux frontières, apéritif sur Skype, WhatsApp, Messenger, Rainbow, Zoom conférence… Mort par noyade dans son propre corps, quarantaine, hôpitaux construits en 15 jours, hôpitaux préfabriqués sur les parkings, corps alignés sur les plages, printemps de rêve derrière la fenêtre, l’humanité est envoyée dans le coin, statistique, assistance respiratoire, chiffre d’affaire, amazone, PIB, crise sanitaire, crise économique, crise de nerfs, sans domicile, solitude, petite vielle dans un couloir buvant sa soupe en sachet au 15ème jour, magasin de bricolage, vedette en guitare sèche, chanteur d’opéra sur le balcon, avion au sol, n’embrasser personne, tousser dans sa manche, faire son pain, regarder le nombre de mort à 20h, Italie, chair de poule, les nuages ne s’arrêtent pas aux frontières. Le virus : « à l’époque où je vivais dans un très confortable trou de cul de chauve-souris, je ne pensais pas au nouvel an chinois, à la mondialisation des hommes du 21ème siècle. J’ai vu que je pouvais rentrer par le nez de cet homme. Je l’ai fait et ainsi de suite chaque fois que l’opportunité s’est présentée. Maintenant, j’avance sans haine et sans culpabilité, naturellement. Vous parlez de guerre, personnellement je suis prêt à me mettre à une table des négociations afin de créer la première fédération mondiale du vivant. Une organisation où les territoires et les identités de chacun sont respectés »
8.
Alexandre Castant - Virus Varia ------------------------------------ L’ennemi est là, invisible, paraît-il Entre complotisme et parapluie Monde orwellien, risques sanitaires et solidarité Virus mutant et inquiétude mondiale Faut-il y croire ? Encore ? Faut-il le croire ? De ma fenêtre Les rues sont vides Les parisiens sont séparés/par une longueur De deux pas Les travailleurs indépendants n’ont plus d’argent Les travailleurs clandestins n’ont pas d’argent Les restaurants, les cafés et les commerces n’ont plus d’argent Jusqu’à quand ? Les ondes semblent mauvaises Paris se désemplit/déserté/dépeuplé Dernière représentation ? Jusqu’à nouvel ordre Dernière représentation… Avant ? Isolés, repliés, reclus Les manutentionnaires/devant un écran de silence/croient avoir pleuré On meurt beaucoup maintenant On a peur maintenant On s’éloigne les uns des autres maintenant Il faut lire, paraît-il, lire et écrire Plus de gel hydroalcoolique, Plus de masques, plus de médecins Plus de départ/sauf/pour la traversée du Styx Plus de gel : l’Hydre est diabolique J’ai froid, je tremble, je n’ai pas de masques et nous tousserons ensemble Panique dans la rue d’Elia Kazan ? À voir Dès que l’électricité se rallumera Dès qu’internet à nouveau marchera Dès que le jour reviendra L’avenue de la Grande-Armée ? filmée comme une absence ? Les images de Jean-Pierre Melville mises à part Il y a une histoire du cauchemar/et il s’en croyait protégé, Pourtant/elle avait été peinte par/le royaume en exil/de l’éléphant noir à l’écharpe brodée Et si les plantes en plastique se déshydrataient aussi ? Alexandre Castant ------- Virus, varia (17 mars-11 mai 2020), a été édité une première fois dans le cadrede l’édition spéciale de L’Atelier sonore d’esthétique« Le Monde sonore au temps du Coronavirus (générique) », station#26, 2020 >>> http://www.alexandrecastant.com/2020/05/19/virus-varia-fictions-poesie-2020-2/
9.
Philippe Baudelot - Quelques heures en avril ------------------------------------ L'instant épouse l'ombre avant qu'elle s'effondre. Il cherche l'évidence aux confins des effacements. Il traque l'illusion dans les recoins des séductions. Il ne raconte pas. Il observe, contemple, s'abandonne au bruit des paroles. Il s'y noie sans se soucier où cela le conduit. Il suspend son regard au parfum de fleurs tôt écloses. Il s'efface, indifférent au temps comme le temps à lui-même. On entend la rue déserte. Le long des murs, des églantiers troublent des cambriolages . Accrochées aux balayages des contrevents, des araignées s’émerveillent de diableries. Elles raillent l'alternative annoncée à venir. Des auscultations persistantes tamisent de troubles les phrases et des corps. La régalade du verbe célèbre l'insignifiance. Des approbations interrompent les disparitions. La mémoire revient sur les ventres et les rêves disparus. L’œil s’étonne de la patience des lombrics. Je mastique la douce viande. Accrochées aux langes des inquiétudes, les mauvaises herbes s’émerveillent. Elles soulignent leurs pirouettes. Les bousculades de la hâte tamisent le soleil. Il pointe des rayons chavirés. L'équipée des rivières se fait inquiétante. Une chouette s'envole. Voleuse de nos songes, elle décroche et dérobe nos souvenirs,. Une plainte se mesure aux alternances nocturnes. Le moment surgit du présent. Sa fièvre se répand dans les futaies. Des tortillons de terre débordent des herbes. Les impacts des espoirs s’écaillent sur les cailloux. Ils abandonnent des éclats . Une femme se dénude. Toute. Elle s'inquiète de sa peau piquetée de gouttelettes. Peu emportent les iniquités lippues. Leurs impostures se perdent dans le matin qui paresse. La destruction s’empare du sensible. Les initiés se perdent dans leurs futilités. Des colverts se fondent dans d’absurdes démences. Les passants tombent au fond de tombeaux énigmatiques, à jamais ouverts. Des enfants se lancent dans des rondes. Ils dérivent vers des marelles effacées. Ils se rient des guérillas et des collisions. Insistantes, dépliées, de langues exquises en incursions, les peaux des femmes se gorgent de longues lampées d’eau. Elles roulent, maîtresses aux lectures volubiles, repues dans la perpétuation des lustres. Un flot de jupes s'en empare. Des murmures s'entrelacent dans la chaleur précoce. Impératives, flambantes de cadences, les jambes labourent les doléances de l'inattendu. Au delà de son dos, j'enserre des horizons alcoolisés. Nos chevelures se félicitent de ces concupiscences vigoureuses.
10.
Nina Živančević - Her Voice Calling like Death ------------------------------------ Like the old age it calls in whispers, essential like Quevedo’s or Sevedo’s or Camoes’s it sounds like my own voice So that I don’t drop a tear at leaving my native soil She lets it drop instead of me and perhaps she doesn’t Cause she is my predictable or perhaps unpredictible „I“ that Part of me which cries around midnight without a penny Without hope the part which lives the living death and which like the old age calls in whispers, essential like Quevedo’s or Sevedo’s or Camoes’s so truly, I tell my people why do you need another Alvaro when Ricardo Reis tortures everyone around here on daily basis? Why do you need an extra Cairos when Fernando has already been causing all that turmoil in our city? Sometimes it seems to me when I visit her and she’s asleep, it feels Like I myself should stay awake Sometimes when I fall asleep she’s there to listen to Her own breathing in my own lungs She’s that better part of me as I am her sad and bad younger sister However, I will rise up from her dark and heavy armor taken from Osiris We know though that it is she who cleans the words Which I had collected and then put together And in a shool book future generations will have a mighty task To distinguish our poems as we always manage to trick the readers As when one reads my books in translation, the translation bears Her voice As she softens and then whispers in my own In those books she translated into hers... They call me Mina And her, they call Nina And sometimes this one person doubles While becoming a gentle persona on her own ---- Njen glas kao smrt Kao starost kao sapat šušti suštinom kao kod Kveveda ili Ševeda ili Kamoeša zvuči kao moj Tako kad odlazim iz rodnog kraja Ne pustim suzu koju ona umesto mene pusti a možda i ne jer Ona je upravo predvidljivo a i Nepredvidljivo ono moje ja koje pred ponoć cvili bez obola i bez nade životno a mrtvo I kao sapat šušti suštinom kao kod Kveveda ili Ševeda ili Kamoeša I odista- lepo ljudima kažem Šta ce ti još Alvaro kad te ovde vec Danima Rikardo Reiš muči?? Šta ce ti i Kairos kad Fernando Vec u gradu pravi zbrku?? Ponekad mi se učini , kada dodjem a ona usni, da ne treba i ja da zaspim Ponekad kada spavam, ona Osluškuje disanje svoje u meni Ona je moje bolje ja, a ja njena nevesela neposlusna sestra Izronicu uskoro iz njenog tamnog Oklopa Ozirisa . A znamo pak,da Ona cisti reci koje ja talozim pa spajam i u dječjoj čitanci teško ce nas staviti na različita mesta jer uvek ih Prevarimo, bas uvek čak i kada čitaju moje prevedene knjige, prevedena beletristika sadrži njen Glas Dok pa sada ona umekšava i šuška mojim , u onim knjigama koje ona prevodi Mene zovu Mina, A nju Nina- A Nekad se udvostruči Ta osoba, jako fina...
11.
Sylvie Santi - Nos Yeux ------------------------------------ On dit que mourir c'est renaître de l'autre côté C'est pourquoi… je suis allée jeter un œil.... Et c'est à ce moment là que mes yeux sont devenus silencieux Et dans l'obscurité, nos yeux se projettent infiniment plus loin Que si nous devions nous envoler nous le pourrions que dans la nuit la plus totale en ouvrant la bouche... Ce sont nos yeux qui nous envolent dans le ciel ..Que si l'on pouvait crier assez fort pour que notre cri puisse atteindre les lieux de notre corps qu'il ne peut parcourir… Si nous pouvons voir sans être vus c'est parce que rien ne voit ni n'entend notre vue La nuit la peau qui nous recouvre est une paupière et le jour, un œil... Nous croyons ouvrir et fermer les yeux mais nous ne faisons que ouvrir notre corps au monde... Nos yeux se projettent pour mourir à l'horizon et pour pouvoir refaire le monde à tous les coups de soleil qui nous éclairent. Je l'ai vu… je l'ai vu à cet instant même il feuilletait entre mes phrases j'ai failli le laisser sur le rebord. --------- They say that to die is to be reborn on the other side That's why I went to take a look.... And that's when my eyes went silent And in the dark, our eyes project infinitely further That if we had to fly we could only do so in the most total night by opening our mouths... It is our eyes that fly us into the sky.. Only if we could shout loud enough so that our cry could reach the places in our body that it cannot go through.. If we can see without being seen, it's because nothing sees or hears our sight. At night, the skin that covers us is an eyelid and during the day, an eye... We think we open and close our eyes but we don't. let's just open our body to the world... Our eyes are projected to die on the horizon and to be able to remake the world with every sunburn that illuminates us. I saw him... I saw him at that very moment he was leafing through my sentences I almost left him on the edge.
12.
Maria Malinovskaya - We kindled a fire ----------- we kindled a fire slept in a tent with someone with no body left he drew on his pipe sweet and sour smoke rose from its holes we asked for a turn — no he said it’s mine — just let us try the yellow-green half-melon of the night sky loomed over our campsite this is killing me he said and leapt up from his haunches slapping his thighs what was killing us was precisely t h i s which is why we were there each of us wanted to look cheerful but secretly kept a few photographs march everyone was certain march but there wasn’t any proof intercourse with someone without a body is an apophatic action and alters certain subconscious convictions (“the colonial herald”) seeds ripened in the center of the sky and began to fall like dry rain striking against the walls of the tents tired of each other we began to steal kids from the settlements only he and I lived the way that we lived which in itself was treason ------ с тем у кого не осталось тела разводили огонь спали в одной палатке раскуривал дудочку из отверстий шёл кисло-сладкий дым просили попробовать нет отвечал не дам дай хоть чуточку жёлто-зелёные полдыни ночного неба нависали над лагерем меня это убивает говорил и вскакивал с корточек хлопая себя по бёдрам нас убивало только э т о за этим и были здесь каждый хотел казаться бодрым но втайне хранил несколько фотокарточек март все были уверены март но это ничем не подтверждалось сношение с тем у кого нет тела носит апофатический характер и меняет некоторые неосознанные убеждения («колониальный вестник») в центре неба поспели косточки и стали выпадать сухим дождём ударяясь о стенки палаток из поселений начали красть малолеток устав друг от друга только мы жили как жили что было уже изменой

about

Transcultures et les Pépinières européennes de Création ont demandé à plusieurs auteurs de différents pays d’écrire pendant le confinement leurs impressions poétiques, réflexions, interrogations...

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Ces contributions "confinées" ont été centralisée au fur et à mesure via une plateforme Web, certaines sous forme "de "journal" ou "correspondance", d'autres sous forme de textes ou documents visuels, multimédia... selon l'humeur et/ou la nécessité. Une sélection sera publiée dès le mois de juin sur le site de Transcultures.. L'ensemble de ces contributions originales (les textes pouvant être complétées par des visuels, sons ou autres sources multimédia) sera mise en ligne sur le site de Transcultures et pour certains, feront l'objet d'une publication papier au cours de l'année 2021.

En outre, une sélection de ces textes lus par leurs auteurs, ferait l’objet de mise en son par l'artiste et producteur Paradise Now. Certaines de ces pièces seront progressivement publiées en ligne à partir de juin et l'ensemble des ces pièces audio poétiques constituera l'album “No Lockdown Sonopoetics”  édité, en septembre 2020, sur l'alter label Transonic, dans sa série Sonopoetics dédiée aux créations mêlant poésie/littérature vivante et création sonore.

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From a selection of texts - in the framework of the “Confined correspondences” commissioned during the recent lockdown period by Transcultures and the European Pepinieres of Creation and their No Lockdown Art programme - written by different authors/artists from different countries, the sound artist/producer Paradise Now has created several audio cinematic pieces from the the voices and read writings of these authors (and other guests for the occasion).

This material will be gradually published online, during 2020/21, before being released later as a discographic production (entitled No Lockdown Sonopoetics) on the indie label Transonic.

credits

released June 15, 2020

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Transonic Brussels, Belgium

Transonic is a independent label dedicated to electronic, organic, poetic music... and other sounds.

Transonic is produced by Transcultures, Interdisciplinary Center for Sound and Electronic Cultures (Artistic Director: Philippe Franck).
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